vendredi 7 octobre 2022
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Les Contemporains

« « C’est l’objectivité de la règle qui libère les individus, comme les groupes, de la détresse de l’informalité et de l’exigence intenable de l’originalité permanente. » P. Sloterdijk, Écumes (Sphères III)

Durant notre ère et plus qu’avant, dans notre monde et plus qu’ailleurs. Enfermés dans des dogmes de plus en plus volatiles, cernés de toutes parts par des voix plus bruyantes les unes que les autres. Sans issue, sans alternative, que de les entendre, jusque’à ce qu’ils deviennent partie de nous, à notre dépens, et surtout, sans notre consentement. Ce qui démarra comme une extraordinaire avancée atteint aujourd’hui ses limites, immobilisant tout espoir d’évolution de par sa nature même.

Les concepts de norme et de formalité ont toujours existé, la société étant bâtie sur certaines similitudes partagées consciemment et inconsciemment, dont le principal intérêt est celui d’offrir un cadre commun dans lequel interagir, un havre sûr et inamovible, sur lequel se basent les fondements de nos cultures respectives. Cependant, la localité de ces ensembles ainsi que leur relative malléabilité permettaient leur mise au service d’un certain avancement de nos sociétés, une évolution relativement compréhensible. Présents au sein de communautés et modes de pensée restreints, ces préceptes sont abordables, explorables, exploitables.

Mais la cassure arriva soudainement, faisant voler en éclats des systèmes mis en place depuis des siècles par les inconscients collectifs. Ou plutôt les brisant en morceaux pour ensuite les recoller les uns aux autres, confusément, mélangeant des bribes d’ici et là, délaissant plusieurs autres, faisant naître un ensemble hybride, difforme et incomplet, qui aujourd’hui résulte en une inconscience collective effrayante de notre soumission. Les manifestations sont pourtant particulièrement criantes, pourtant la plupart d’entre nous restent aveuglés, entièrement noyés dans une matrice oppressante, qui prend de plus en plus d’ampleur, et nous détourne allègrement de la déliquescence inévitable vers laquelle nous allons. Que l’on ne s’y trompe pas, les pseudo-efforts réalisés pour se donner bonne conscience n’y changeront rien, la racine étant bien trop ancrée, bien trop puissante. Elle nous berce d’illusions qu’il est difficile de balayer, bien que possible, si seulement la volonté suivait. Nous pourrions, si nous le voulions, sauver notre planète d’une dégénérescence qui ne détruira que notre espèce – la nature gagne toujours, les exemples en sont nombreux, nous pourrions éradiquer des maux qui n’ont plus lieu d’être, nous pourrions « vivre en paix ». Seulement, est-ce bien cela que nous voulons ? Est-ce bien cela que nous commande notre nature actuelle ? Est-ce bien cela que préconise l’évolution ?

L’histoire s’écrit par de grands cataclysmes, les cycles naissent et prennent fin de manière particulièrement violente, sommes-nous à un point de transition ? Est-ce une raison de laisser les choses se passer ainsi, alors que nous prétendons être les créatures les plus évolués sur Terre ?

L’équilibre est et sera toujours fondamental, malgré tous nos efforts, à chaque énergie s’oppose une énergie d’une force égale. C’est bien là que se manifeste le besoin d’originalité permanente inhérent à chaque individu, ainsi que sa déférence manifeste à la règle libératrice. La conscience en quelque chose permet-elle de s’en libérer, ou de s’y complaire ? Là encore, tout est question de choix, mais une chose reste certaine, l’équilibre est et sera conservé.

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