mardi 17 septembre 2019
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Le peuple trompé

Par Zouhair BEN JEMAA

Le fossé se creuse chaque jour un peu plus avec le peuple qui ne reconnaît plus la légitimité de ceux qui le gouvernent. Ce peuple à qui on disait « ferme ta gueule » sous la dictature, s’entend dire depuis les dernières élections « cause toujours, tu nous intéresses » ! Et l’on voit bien que l’État et le peuple ne vont plus dans le même sens. Dans ce nouveau décor triste à désespérer, la jeunesse a l’impression d’avoir été invitée à un banquet, et de s’être trouvée en bout de table. Disons le sans ambages, nos gouvernants sont trop isolés dans leurs bunkers et n’écoutent plus les citoyens qui n’en peuvent plus d’attendre quelque chose qui ne vient pas ! Nos responsables politiques usent et abusent de la langue de bois, tout en excellant dans la mauvaise communication, pour ne pas dire la non-communication, et ces mêmes responsables s’entêtent à croire dur comme fer que le bon peuple ignore tout de leur manège ! Pour un régime parlementaire, il est anecdotique de constater que ce ne sont que les non élus qui font la loi dans notre pays !

Notre jeunesse est frustrée et demande que les politiques rendent des comptes et acceptent un vrai contrôle de leurs actions. Quatre partis ont les commandes de l’État grâce à une majorité confortable à la CRP, leurs députés jouent la discipline des partis et ont tourné le dos aux citoyens qui les ont hissés si haut. Ces citoyens se débattent dans leur quotidien et se sentent floués, ils se sentent trompés ! L’heure est donc grave, et les élections municipales qui pointent à l’horizon pourraient être salutaires pour tous ces déçus qui ne jouissent pas de leurs droits de citoyens et qui veulent faire descendre ces politiques de leurs tours d’ivoire.

Élire 7200 hommes et femmes qui vont se consacrer aux seuls intérêts de leurs régions et du quotidien de leurs concitoyens ; 7200 hommes et femmes qui vont pouvoir régler les problèmes de l’environnement, de transport, de culture, de santé, de développement régional et de bien-être ! Oui cela est possible d’autant que la constitution a garanti la décentralisation. Ces milliers de futurs élus pourraient plomber les gouvernants de la capitale et leurs représentants si les électeurs se mobilisaient pour exclure d’emblée tous les partis politiques, petits et grands, en s’intéressant aux seuls hommes et femmes indépendants, sans étiquette politique, bien connus dans leurs fiefs pour leur moralité, leur esprit entrepreneurial, leur capacité à fédérer ! Le jour du vote aux municipales, Il faudra se rappeler que ceux qui ont été élus représentants du peuple ont largué leurs électeurs au premier tournant et ont joué à fond la discipline de leurs partis du moins pour les plus honnêtes d’entre eux, car pour d’autres, l’affaire a tourné au tragique : n’a-t-on pas entendu parler d’élus se donnant au plus offrant pour vendre les voix que leurs ont confié leurs électeurs ? On connait hélas la suite, elle est cruelle ! Et c’est pourquoi, il faudrait toute la force de la vie en communauté pour prendre son destin en main, et goûter au bonheur d’exercer pleinement son droit de citoyen, sans que le système politique ne puisse vous le prendre ! En clair, le citoyen d’abord, et non le moi d’abord. N’avez-vous pas constaté que ceux qui nous gouvernent ont été incapables d’endiguer les fléaux de la pauvreté, de la drogue, du chômage, de la malversation, des inégalités sociales, de la saleté, de l’extrémisme de tout genre ? Et malgré tout, vous leurs confierez vos affaires locales et régionales à nouveau ? Voici une occasion unique pour stopper ces politiques qui ont commis beaucoup d’actes infamants !

A chaque crise, le pays s’arrête, l’économie recule, et on perd un temps fou à attendre que les politiques se mettent d’accord, et c’est toujours le plus machiavélique qui gagne. Entre temps, nos villes sont devenues sans projets, et le plus grave, nos citoyens n’ont plus confiance en l’avenir. Il est donc temps que la société civile s’assume et rompe avec sa timidité. Il est grand temps de coudre ce qui est déchiré entre Tunisiens. Il n’est pas trop tôt que les citoyens se décident à se prendre en charge entre concitoyens, et loin de toute interférence politique, pour permettre à la vie de reprendre le dessus, et permettre à chacun de se remettre à rêver !

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