samedi 31 octobre 2020
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Asma Belkhodja Rebai

Asma Belkhodja Rebai (1930-2011) Femme de coeur, engagée pour l’indépendance de la Tunisie, elle est également une militante féministe de la première heure.

Issue d’une famille tunisoise elle prend très tôt, à ses dépens, conscience de la condition précaire des femmes.

En effet, pour son père, haut fonctionnaire, l’éducation d’une jeune fille doit se faire dans les limites et dans le cadre de la demeure familiale.

Mais Asma, avec cette force de caractère, dont elle fera montre tout au long de sa vie, se débrouille pour apprendre, se cultiver et finit par maitriser les langues arabe et française.

Elle s’engage au sein de « l’Association des Femmes Musulmanes » de B’chira Ben Mrad.

Courageuse et convaincue de son engagement pour l’émancipation féminine, elle n’hésite pas à sortir tête nue et vêtue à l’occidentale.

Elle assiste ainsi aux meetings des dirigeants nationalistes et participe aux marches de protestation organisée par l’UGTT autour de Farhat Hached.

Sa voix porte et elle contribue à mobiliser les tunisiennes et les tunisiens.

Elle rencontre Azouz Rebai, l’un des jeunes leader du Parti Neo Destour, qui deviendra son époux en 1954.

Il l’initie à la politique et l’encourage dans son activisme.

Elle devient membre de la cellule du Neo-Destour de Hammam-lif là où réside sa famille.

Son engagement n’est pas sans risque. Elle est arrêtée en février 1952 après avoir participé à une manifestation qui s’est terminée par le décès de plusieurs agents de police. Elle résiste courageuseument aux interrogatoires des policiers allant jusqu’à les narguer en déclarant haut et fort sa fidélité à Bourguiba et à la lutte pour l’indépendance. Sans jugement, elle reste en prison plus d’un an. Elle ne doit son acquittement qu’à la brillante défense d’un avocat français, Me Gallot.

Asma Belkhodja Rebai n’a que 22 ans à l’epoque et elle aura passé 18 mois en prison.

A l’indépendance, elle est secrétaire générale de l’Union Nationale des Femmes Tunisiennes et membre du conseil municipal de Tunis.

Déçue par le tournant autoritaire du régime, elle finit par s’éloigner peu à peu de la vie publique.

Mais jusqu’à son décès à l’âge de 81 ans, elle continuera à se mobiliser pour les personnes les plus démunies.

L’Histoire n’oublie pas pas cette grande dame, courageuse et généreuse, pionnière du mouvement féministe tunisien.

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Journaliste, romancière, militante féministe, elle fait partie de ces tunisiennes, intellectuelles et engagées, qui ont grandement participé, par leurs plumes et leur rayonnement, à promouvoir et dynamiser la vie culturelle au lendemain de l'indépendance.