lundi 25 mars 2019
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Toutes les gélules ou sirops ne sont pas des médicaments !

Pour commencer, il faut rappeler qu’un VRAI médicament ne peut se retrouver en vente dans une pharmacie qu’après avoir fait preuve d’efficacité et de sécurité à travers des études adéquates et des contrôles, dans les bonnes conditions d’hygiène, tout ceci validé par l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), autorisation qui permet au fabricant (industrie pharmaceutique agréée) de commercialiser son médicament! Et ce n’est pas tout, car à chaque lot produit, une série d’analyses permet de vérifier que ce lot répond bien aux différentes exigences qualité.

Pourtant, le ministère de la santé a retiré des pharmacies un produit à cause de la présence d’un champignon «l’aspergillus» et par manque d’hygiène chez le fabricant! Pourquoi? Parce que tout ce qui se vend dans les pharmacies et pourrait ressembler à un médicament (des gélules, des suppositoires, des sprays, des sirops…) n’a pas nécessairement un statut de médicament! Il s’agit de compléments alimentaires ou des fois de produits classés comme dispositif médical!

En effet, ayant la même forme et présentation qu’un vrai médicament, ces produits de santé classés compléments alimentaires se retrouvent dans les pharmacies et même dans les parapharmacies et sont utilisés pour traiter des symptômes mineurs comme l’obésité ou le stress, des pathologies chroniques comme l’hypertension voire même prescrit chez un nouveau né pour traiter des coliques…

Pour ces produits, le fabricant local n’a pas besoin d’une autorisation de commercialisation avec un contrôle préalable par les autorités pour la mise sur le marché! Ils sont ainsi commercialisés sans aucune garantie de la qualité, d’efficacité ou d’innocuité. Ils peuvent être fabriqués en respectant toutes les normes d’hygiène ou au fond d’un entrepôt. On se contente actuellement d’un simple bulletin d’analyse fourni par le fabricant et avec des normes ‘qualité’ qu’il aurait lui même définies.

Tout ceci se passe dans une ‘légalité absolue’, en l’absence de loi pour cadrer cette activité. Ce vide juridique a fait qu’actuellement des industries qui fabriquent ce genre de produits poussent comme des champignons, échappant à tout contrôle, mettant les prix qu’ils veulent (souvent plus cher qu’un vrai médicament)!

Mais où se situe la limite entre complément alimentaire et médicament?

La limite peut être une dose plus faible d’un même produit dans un complément alimentaire par rapport à la dose médicament (vitamines par exemple), la nature des produits qu’on utilise (assez souvent des extraits de plantes)…

Moi citoyen, puis je facilement faire la différence entre les deux?

C’est simple de voir la différence; le numéro d’AMM figure sur les boîtes et/ou prospectus des médicaments, ce qui n’est pas le cas des compléments alimentaires!

Bien sûr, il y a certaines industries de compléments alimentaires qui sont dignes de vraies industries pharmaceutiques. Mais en l’absence de loi claire, ce sont elles qui sont les plus lésées, car on sera obligé de mettre tout le monde dans le même sac, faute de pouvoir vérifier les conditions de fabrication de toutes les boîtes!

Qu’attend le ministère pour sortir les textes assurant la conformité de ces produits aux normes de qualité et l’innocuité de leur utilisation? Une catastrophe? Le dernier scandale avec l’aspergillus dans un spray nasal est assez catastrophique pour justifier de sortir une loi en urgence!

Dr Kaouther ZRIBI

Dr Emna ZRIBI

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