dimanche 9 décembre 2018
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La patrie en deuil

Par Zouhair BEN JEMAA

Honte  à tout médiocre, tout cynique qui a choisi la politique comme tremplin pour ses intérêts personnels, et qui me produit un pitoyable spectacle, honte à ceux qui ont succédé aux grands syndicalistes et aux grands patrons, et qui tergiversent sans arrêt, qui abusent de populisme mensonger me donnant un spectacle affligeant, mais honte aussi à ces témoins, du haut comme du bas, qui sont conscients de la gravité de ma situation et qui ne disent rien et ne font rien pour me défendre ! Tous ces fils, je les renie, je les vomis et je ne les ménagerai pas devant le tribunal de l’histoire puisque le tribunal médiatique a choisi de se coucher et de se mettre à plat comme une carpette ! Ne voyez-vous pas que je vais mal, et que l’austérité a de beaux jours devant elle ? Personne n’a pris la mesure de ma détresse. Vous avez fait de moi un asile de toutes les ignorances alors que j’étais un havre de paix et de connaissances. Mes écoles sont moches et pauvres en savoir, mes hôpitaux sont périmés, le fond de mon air est devenu rance, ma mer est jonchée de plastique, la corruption règne en maître absolu et les enquêtes pour faire appliquer la loi relèvent du folklore, une économie souterraine est florissante et vos lâches de politiques, aussi médiocres et aussi dépourvus de vision, feignent de ne pas la voir. Les sangsues sévissent, imposent leurs lois et se nourrissent sur le dos de mes intérêts, n’hésitant pas à saboter tout plan de réformes contraire à leurs desseins ! Vous tournez le dos à mon passé qui est si beau, à mes grands hommes et mes grands champions, vous ne savez plus commémorer mes sacrifices et mes victoires, vous avez tout immolé sur l’autel de vos ambitions personnelles, vous pratiquez l’individualisme plutôt que la solidarité et la justice, vous assistez passivement au rythme de la danse de vos dirigeants : un pas en avant, deux pas en arrière et un pas à côté, un rythme non synchronisé avec les urgences du moment ! Ceux que vous avez élus font front commun, avec une arrogance impavide, pour conserver leurs privilèges ; et les spéculations tragi-comiques auxquelles ils s’adonnent vous éloignent, chaque jour un peu plus, du rivage de la paix que j’ai mis tant de temps à vous préserver ! L’UGTT de mon fils HACHED qui fût une arme fatale contre l’occupant, s’est enfermée dans la négation n’ayant plus le sens de la valeur travail, et oubliant qu’un mouvement ouvrier sain doit s’approprier une doctrine forte de la notion de Patrie ! Et ces patrons non déclarés qui excellent dans la fraude fiscale, dois-je leurs rappeler que ROOSEVELT en 1932 avait porté les impôts de 25 à 69 %, puis à 71 % et enfin à 91 % en 1941, pour résoudre le drame de l’explosion des inégalités sociales, n’est ce pas cela l’amour de la patrie ? Pendant que l’inculture méprisante couvre l’ambiant, que l’incivilité flambe, vous vous êtes installés dans la lâcheté en occupant vos progénitures par le tactile pour savourer une paix égoïste, ne vous avais-je pas appris à sortir avec vos enfants pour leur faire visiter ma vaste et riche nature ? N’avez-vous rien à leur raconter sur mon histoire millénaire si riche en conquêtes et en prouesses ? Tous ceux qui assurent vouloir me servir sont des menteurs ou des imbéciles, car ceux qui m’aiment ne doivent rien attendre de moi, ne vous ai-je pas assez donné ? Je ne sais plus comment m’y prendre pour rebâtir les digues que vous avez effondrées ! C’est une grande réforme morale qu’il vous faut. Vous avez laissé sévir ceux qui ont consenti à toutes les petitesses, à toutes les lâchetés pour occuper un poste de responsabilité, pour se procurer une liasse de billets, cet argent qui corrompt, cet argent qui écrase ! Votre Président à qui j’ai enseigné la cohérence, la constance et le respect des institutions, a réussi à déchaîner les passions hostiles à son égard tant il a fait des girouettes ! Je cherche désespérément un Etat, je cherche quelqu’un qui parle « cash » et qui me soutienne de cœur et de raison, mais au lieu de cela, je vois une cohorte de charognards qui veulent me sucer le peu de sang qui me reste ! Alors faites en votre deuil, vous n’atteindrez jamais le rivage car vous vous enfermez dans le déni et vous rabâchez les mêmes formules ! Après l’espoir révolutionnaire, je vois pointer à l’horizon le désespoir contrerévolutionnaire ! N’oubliez jamais que ce sont les imbéciles qui font les dictateurs ! N’oubliez jamais que le pouvoir citoyen, comme la démocratie, ne se décrète pas, il s’arrache et se gagne ! N’oubliez jamais que l’avancée en crabe vous conduira au désastre !

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