mardi 16 juillet 2019
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Tour d’horizon des inquiétudes

Plus de huit années se sont écoulées, et nous en sommes encore au constat amer que la transition démocratique est une mystification. Nous avons massivement voté pour Nida afin qu’il s’occupe de nos problèmes, et nous voilà, pauvre peuple, en train de nous occuper des problèmes de Nida. La souveraineté nationale appartient au peuple qui devrait l’exercer par ses représentants, mais ces derniers se sont avérés pour la plupart cupides et indignes de confiance. Ces députés qui se voient permanents et inamovibles ont usé et abusé du tourisme parlementaire, ils ont dévié de leurs promesses électorales, et ont gaspillé temps et argent en plombant les régions intérieures dans la misère et le chômage. L’IVD, ce grand machin, qui a coûté une fortune aux deniers de l’Etat, a finalement trempé dans les règlements de comptes, la malversation et la mauvaise gouvernance, pour semer la discorde et la haine entre les Tunisiens qui espéraient aboutir à une réconciliation nationale ! Les politiques ont banalisé l’injure, le mensonge, la calomnie et l’intimidation, ce qui témoigne d’une approche singulière de la démocratie. Nous assistons à présent à une entreprise de séduction et de manipulation de l’opinion.

La protection de nos enfants semble plus compromise que jamais. Notre école qui était le point de rencontre culturel et social, se dégrade et abandonne en chemin des centaines de milliers de mineurs. Notre déficit commercial paupérise notre classe moyenne et menace toute protection de nos salariés. Le paradoxe de notre époque misérable, c’est que pendant que l’économie réelle est en crise et génère du chômage, les profits des banques sont florissants ! Les gouverneurs et les délégués, appliquent pour la plupart les agendas de leurs partis et s’enfichent comme d’une guigne du développement de la région qu’ils gouvernent. Ils s’enferment dans leurs bastions, déconnectés de toute réalité des citoyens. L’argent dans le sud se compte au poids chez les contrebandiers, au vu et au su des autorités. Des voyous sans foi ni loi, et qui n’ont pas un grain de patriotisme dans leurs veines, sèment la défiance pour déstabiliser le système et asseoir leur puissance avec leur argent toxique. En réalité, ils ne font qu’étendre le chaos et la discorde.

La centrale syndicale est devenue méconnaissable, tant certaines de ses bases défraient la chronique dans le chantage, le conflit d’intérêts, et la défense de l’indéfendable, alignant au passage des bilans désastreux dans bon nombre de sociétés étatiques. C’est tout sauf glorieux pour une centrale qui a joué les premiers rôles dans la résistance contre l’occupant, et qui prétend n’avoir de souci que l’intérêt national ! Comment voulez-vous qu’on rie et qu’on réfléchisse quand on est au bord du gouffre ? Quand allons-nous tourner la page de ce gag de la démocratie naissante, et nous remettre au travail ? Quand allons-nous nous fixer comme principal objectif de voir la vie irriguer toutes les régions de l’intérieur ? Notre bien le plus précieux, le patriotisme, est en péril. Quand le peuple va-t-il s’exprimer bon sang ? Les citoyens ne reprendront leur pouvoir que par le changement de leur comportement civique et consumériste. Il n’est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre !

Les élections s’approchent, et si rien ne venait les perturber, il faudrait un réveil citoyen pour inciter les non inscrits à accomplir leur devoir de citoyen en s’inscrivant sur les listes électorales, s’apprêter à aller voter, et faire en sorte que les coupables soient écartés des centres de décisions et jugés pour les crimes commis envers la nation ! Si par malheur des incompétents étaient encore une fois élus, alors nous ne pourrons nous en prendre qu’à nous-mêmes. L’état profond du pays est au plus mal, et l’émotion continue à primer sur la raison. Ceux qui détiennent le pouvoir économique doivent s’éloigner de la politique et se mouiller les chemises pour le seul bien de la nation. Les pseudos leaders des partis politiques devraient mettre leurs égos au vestiaire, et se rassembler autour d’un cap, d’un noble projet pour notre belle et douce Tunisie. Les kurdes d’Istanbul n’ont pas présenté de candidat aux récentes municipales pour que l’opposant à Erdogan ne perde pas une seule voix, où en sommes-nous de cette sagesse et de ce comportement digne et responsable ? Il nous faut une volonté collective pour changer le vivre ensemble, sans haine ni violence. Cette violence qui nous empoisonne la vie n’est que la contrepartie de l’incapacité des politiques à concevoir une société civilisée ! Alors les incompétents, écartez-vous de la scène et laissez la place aux vrais patriotes et aux vrais bâtisseurs !

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