mardi 17 septembre 2019
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Mon carré d’As, le baromètre de l’honnêteté intellectuelle

Par Zouhair BEN JEMAA

« Je ne parle pas parce que j’ai la force de parler, je parle parce que je n’ai pas la force de garder le silence » disait une citation rabbinique ! Que l’on ne s’y trompe pas, nous vivons les élections dans une ambiance tendue ! Entre les pages sponsorisées programmées pour salir, pour mentir, et pour dérouter, entre ces sondeurs cupides qui veulent absolument prendre la place des électeurs, et entre ces politiciens qui pour la plupart, n’excellent que dans la médiocrité et l’hypocrisie, le citoyen est paumé et ne sait plus à quel saint se vouer ! On nous propose encore une fois de nous enfermer dans la logique du vote utile, et nous voilà embarqués pour une autre période sans vision, sans motivation, et sans espoir de voir se réaliser des changements si nécessaires pour notre pays. Depuis 2011, tous nous avaient promis d’éradiquer la corruption et d’améliorer la qualité de vie des citoyens, mais au final qu’avons-nous eu ? De la corruption de la pire espèce, et de cette corruption, nous avons eu droit à des candidatures clownesques pour les présidentielles, avec l’outrance la plus ordurière ! On est bien loin du gouvernement républicain du peuple et pour le peuple. Autant de signes d’une démocratie malade et d’une société fracturée en profondeur. Nous sommes en plein dans la spirale du discrédit, et nos dirigeants attendent toujours la pression de fb pour agir, donc souvent trop tard !

Mon baromètre de l’honnêteté intellectuelle a retenu un carré d’As qui se compose de trois candidats qui vont s’entretuer, et en face, j’ai choisi un candidat qui a décidé d’aller jusqu’au bout pour dire stop à l’immobilisme et stop à la gabegie.

L’As de trèfle est représenté par Abir Moussi qui est peut-être la plus constante dans sa famille politique, elle n’a pas dévié d’un yota depuis un certain Janvier 2011. Cette dame croit dur comme fer qu’elle est la seule à pouvoir trier le bon grain de l’ivraie, d’où sa force tranquille. Elle prononce des mots qui claquent, des mots qui imposent le respect. Elle maîtrise ses dossiers et parle avec assurance et éloquence. Cette dame a déjà suscité un engouement électoral, mais qui ne sera pas suffisant pour gagner la présidentielle. Pour les législatives par contre, elle sera certainement une des grandes surprises de ces élections !

Vient ensuite le tour de l’As de carreau en la personne de Abdelkrim Zbidi. En parcourant son CV, on ne peut être qu’impressionné. En dehors de ses compétences, c’est un homme qui souffre tous les maux sans se plaindre, sans jamais parler de soi, avec le sourire comme si de rien n’était. Cet homme intègre, patriote, presque désintéressé, est venu seul sans un entourage bien à lui, et il a longtemps hésité. Le jour de l’annonce de sa candidature, ce fut un soulagement quasi national. Et je fis partie de ceux qui avaient applaudi et pensé avoir réglé le problème du locataire de Carthage une fois pour toutes. Avec un peu de recul et au fil des jours, deux remarques s’imposent : notre protégé n’a pas le verbe facile, n’est pas très ami avec les caméras et les micros, et une inquiétude sérieuse s’est emparée de beaucoup d’observateurs. Il faut dire qu’il n’est pas évident d’occuper la chaise qu’avaient occupée un certain BOURGUIBA, et un certain BAJBOUJ, quand on fait abstraction de la parenthèse malheureuse du cirque de la TROIKA. Deuxième remarque non moins préoccupante, c’est l’équipe de campagne du candidat qui n’est peut-être pas à la hauteur de la fonction concernée, ni ne répond à l’attente des électeurs. Docteur Zbidi était parti avec un capital sympathie très positif, il avait en face YC, un concurrent qui lui, avait un capital sympathie négatif. A présent, les tendances vont s’inverser pour être à l’avantage du deuxième concurrent. Ce dernier disposant des moyens colossaux de l’Etat, et le tout au nom de la démocratie !

L’As de pic est représenté par Youssef Chahed qui a vu sa période de gouvernance caractérisée par un mélange des pinces entre le monde politique et celui des affaires ! Son tableau de chasse ne comporte pas que des individus recommandables. On ne peut pas prétendre à la dignité quand on est sans le sou et sous le joug des emprunteurs. Et ce n’est pas Youssef Chahed qui a percé les plafonds en endettements, mais bien ceux qui l’ont précédé, avec un satisfécit pour la Troïka qui avait vidé les caisses de l’Etat et bourré l’administration de fonctionnaires incompétents et inutiles. Malgré le bilan mitigé de ce gouvernement sortant, il est fort à parier que Youssef Chahed remportera le combat grâce à l’appareil de l’Etat et au soutien discret du Cheikh bienveillant. S’il gagne, il y a de fortes chances qu’il compose à nouveau avec Ennahdha, surtout que la mosaïque des législatives risque d’être très disparate et ne donnera pas de consensus républicain. Et nous voilà repartis pour une longue période de conciliabules, avec une forte probabilité d’une dissolution avant terme, imaginez les conséquences de ce massacre !

Arrive enfin le quatrième retenu par notre baromètre, l’As de cœur ! Saïd Aïdi n’a peut-être pas la ruse des hommes de l’appareil, ni l’agressivité des tambourineurs qui hurlent dans tous les médias, mais ce polytechnicien a la conviction et le souci constant de servir, de rendre service à son pays. Il veut que toutes les lumières s’allument pour la bonne cause. Pour monsieur Aïdi, il n’y a pas de patrons et des ouvriers, il y a des hommes et des femmes qui participent à la vie de l’entreprise. Il a pris son bâton de pèlerin depuis plus de trois ans, pour sillonner tout le pays et rencontrer les Tunisiens de tout bord. Il voulait faire vibrer les jeunes qui n’ont jamais pratiqué la politique à l’unisson, avec l’idée de faire de nombreux émules. Jeune parmi les jeunes, Saïd maitrise ses dossiers, il a une vision très intéressante pour réanimer le Maghreb économique avec des projets identifiés et réalisables à court terme. Il est déterminé à réhabiliter l’Etat de droit, chose primordiale pour le sauvetage du pays des mains des mafieux de tout bord ! L’esprit libre et passionné, avec l’intégrité en prime, Saïd Aïdi est le commencement du changement, sa présence jusqu’au bout du processus est nécessaire, sinon il risque de disparaître de la scène politique, et les jeunes surtout n’auront pas d’interlocuteur de confiance pour espérer à nouveau. Nous n’allons pas, au nom de ce foutu vote utile, nous soumettre au dictat de la politique des hypocrites, et renvoyer aux calendes grecques le changement indispensable pour commencer le réveil citoyen. Or, sans changement de cap, nous finirons par nous jeter dans les bras de la dictature des imbéciles ! Que l’on m’épargne les insultes et les haines, ce n’est qu’un point de vue, je voterai Saïd Aïdi pour être bien avec ma conscience, et pour donner un signe fort aux jeunes pour qu’ils rompent avec le système établi qui ne fera que pousser le pays contre le mur ! Un homme libre sait qu’il n’a pas la force de garder le silence devant la malversation, l’hypocrisie, la cupidité, le populisme et l’égoïsme ! Que tous les autres prennent leur responsabilité et se désistent pour le mieux placé, mais Saïd Aïdi lui, doit rester pour que son espèce ne disparaisse pas et pour que l’espoir renaisse chez tous ceux qui rêvent de voir la Tunisie sortir de son affreux marasme !

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