lundi 25 mars 2019
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La Gabegie de la honte

Par Zouhair BEN JEMAA

Il est des mots dont le simple énoncé provoque l’hystérie ! Chez moi, c’est le mot dignité prononcé par les politiques de tout bord qui me désole le plus. Car pour rendre la dignité aux citoyens, il faut peut-être commencer par mettre aux postes de commandes des compétents et des développeurs. Nous avons quarante cinq ministres qui nous bassinent à longueur de journée que les choses vont s’améliorer, et que notre futur ne peut être que meilleur. Tous les ministres ne sont certes pas incompétents, loin d’en faut, puisque certains font honneur à notre Tunisie, mais force est de reconnaître que certains sont loin d’être à la hauteur de leurs missions.

Ce matin, alors que je roulais au ralenti en raison de l’état de la chaussée qui est digne d’un pays sous-développé des années cinquante. Je pensais passer par une flaque d’eau, quand ma voiture s’est soudainement calée dans un trou béant faisant un bruit insupportable. Je ne pouvais ni reculer, ni avancer. J’ai dû forcer pour m’en sortir et j’ignore à présent le coût des dégâts subis. Notre ministre de l’équipement pourrait-il m’expliquer où est la dignité du citoyen ? Pourrait-il m’indiquer qui va payer la facture de mes dégâts ? Notre ministre sait-il combien y a-t-il de trous béants sur nos voies ? Que fait le service d’entretien des chaussées depuis bientôt huit longues années ? Dans tout autre pays sous-développé, les services concernés auraient bouché les trous par du tout-venant en attendant la possibilité de réparer. Mais chez nous, les citoyens qui sont déjà saignés dans leurs veines par la cherté de la vie, doivent supporter des dépenses stupides causées par l’état minable de nos chaussées.

Lundi dernier, je devais me rendre à Medjez el bab, et à ma grande déception, j’ai mis trois heures pour y arriver, la raison ? Les travaux sur la voie X au niveau des échangeurs en construction qui perdurent depuis belle lurette ! Des centaines d’automobilistes bloqués pendant des heures sans pouvoir ni avancer ni faire demi tour. Personne n’a prévenu, aucun signal d’avertissement, cela s’appelle le respect du citoyen, et cela amène à la productivité tant claironnée ! Plus tard, j’ai appris qu’à ce niveau, surgissent parfois des loubards braqueurs qui causent une autre forme de dégâts, et certains bons citoyens ont eu droit à ce privilège. Inutile de préciser que tout le tronçon que constitue la zone des travaux est jonché de trous béants qui se succèdent, et qui massacrent nos voitures depuis des années. Alors qu’un camion de tout-venant aurait pu limiter les dégâts, nos responsables ont brillé par leur absence. A la première possibilité, j’ai quitté la zone maudite en prenant la première voie qui s’est présentée, et j’ai eu droit à la traversée d’une cité dont j’ignorais même l’existence : la cité ESSALEMA. Quelle désolation, la chaussée est dans un état piteux, des trous qui sont suivis par d’autres trous, les maisons n’ayant pas de trottoirs, doivent supporter la boue l’hiver, et à la poussière l’été. Et après on s’étonne pourquoi nos politiques sont les mal aimés ?

Nous avons quarante cinq ministres, quarante cinq cabinets, quarante cinq services de presse, et quarante cinq MERCEDES qui elles, ne roulent que sur la belle voie reliant la Kasbah à Carthage. Toute cette gigantesque logistique n’a pas su fournir un petit service d’entretien à nos chaussées, ne serait-ce que par respect à la dignité des citoyens. Il est évident que le scandale est dans cet entassement d’immobilisme de certains ministères qui ont fait perdre à la nation beaucoup d’argent et beaucoup de temps. Sans dignité, un pays est comme une épave à la dérive. Et comme disait Châteaubriand : « Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps » !

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