mardi 24 novembre 2020
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Mon édito … par Myriam Belkadhi

Minuit…l’heure des annonces !

Tous les Tunisiens étaient surpris par l’heure à laquelle Hichem Mechichi, le ministre désigné à former le prochain gouvernement a présenté son équipe. Couac de départ. Le deuxième couac est l’absence totale de programme. Former une équipe de compétences d’accord…mais pour quel programme ? Ayant fait le choix d’écarter tous les partis, on aurait aimé comprendre où va Mechichi ? Qu’est-ce qu’il propose? Quels sont ses projets ? Que prévoit-il pour la gestion de la crise sanitaire ? Comment va-t-il renflouer les caisses de l’Etat ? Quel plan de relance propose-t-il ? Comment va-t-il remettre le pays en marche ? Comment va-t-il redynamiser l’investissement ? Bref….un tas de questions qui se posent face à un excès de mutisme.

Le 1er septembre il va demander aux députés de lui accorder leur confiance, ce qui est loin d’être gagné ! Il est clair que les partis politiques ne vont pas lui faciliter la tâche.

Mechichi va devoir jouer au trapéziste et au funambule. C’est dire la complexité de la situation. Comment va-t-il s’en sortir ? Quels moyens se donne-t-il ?

Ce qui est clair c’est que le système politique mis en place a encore une fois montré ses limites. Il faut arrêter de chercher la quadrature du cercle et aller vers des changements qui vont débloquer cette situation. Mechichi est là comme une conséquence d’une défaillance du système politique, ce qui n’enlève en rien des qualités intrinsèques du monsieur.

Parce que tout est là au fond : qu’est-ce qui fait que nous n’arrivons pas à avoir un gouvernement stable qui puisse entamer les grandes réformes et remettre le pays sur les rails? La réponse est tellement simple pourtant !

Pas de majorité gouvernementale, un système politique hybride, un président élu au suffrage universel mais aux prérogatives limitées, un parlement patchwork voire kitsch, des blocs parlementaires qui se font et se refont, des consensus improbables, bref …c’est la débandade totale et la cause première est le code électoral , le mode du scrutin et un système politique en totale inadéquation avec la nature de la société.

Tout cela fait qu’aujourd’hui le pays cherche désespérément un sauveur qui ne vient pas …

Inutile de parler d’élections anticipées si on y va dans les mêmes conditions. Ça sera une perte d’argent sèche ( il faut rappeler que les élections coûtent très cher) alors que le pays est en quasi-faillite.

Avec un gouvernement stable, issue d’une vraie majorité, on n’attendra pas minuit pour avoir la liste des ministres…

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