samedi 31 octobre 2020
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Mon édito … par Myriam Belkadhi

Rached Ghanouchi ne sera jamais Mandela !

Le président du parti islamiste se veut aujourd’hui l’homme fort du pays, le décideur, le sage, le père, le roi, l’incontournable…

Il y travaille depuis des années voire des décennies d’ailleurs. Certes il est aidé pour cela par plusieurs éléments, plusieurs personnes et surtout par beaucoup beaucoup d’argent !

Son retour triomphal en Tunisie en 2011 et son accueil à l’aéroport Tunis-Carthage était préparé, scénarisé, organisé, pour faire croire au retour du messie tant attendu.

Toutefois, Rached Ghanouchi-se voulant le symbole de la lutte pour la liberté et de la fin de la dictature-n’a pas compris qu’il était loin d’être l’homme fédérateur qui pouvait unir le peuple tunisien autour de ses idées et de sa personne.

Bien au contraire, il symbolise à lui tout seul le clivage total. Rached Ghanouchi a pu s’entendre avec Beji Caied Essebsi donnant l’image des deux “sages” qui pouvaient à eux seuls gérer le pays, faisant fi de l’état de droit et de la constitution. Tout se faisait par calculs, par manigances et par compromissions…

Rached Ghanouchi a choisi de se présenter aux élections législatives avec pour seul et unique but, celui d’être le président du Parlement, sachant qu’il ne pouvait jamais être président de la république. Le président d’Ennahdha n’a pas compris qu’il pouvait être adulé et vénéré par les siens, au sein de son parti mais certainement pas par les tunisiens. Il se rêvait d’être Mandela, leader de la lutte anti-apartheid qui avait fait 27 ans de prison et est devenu le symbole de la lutte pour l’égalité raciale et a bénéficié d’un large et quasi unanime soutien international.

Rappelons un point crucial dans le parcours de Mandela : il avait refusé d’être libéré pour rester en cohérence avec ses convictions. Humanité et fraternité étaient ses préceptes, inspiré de la pensée Ubuntu dans laquelle il a été élevé. Il avait œuvré pour la réconciliation nationale et jamais pour son intérêt personnel.

Rached Ghanouchi est à l’extrême opposé de cela, pourquoi ? Parce qu’il n’y a aucune sincérité dans ses actes ! Ce n’est pas l’intérêt de la Tunisie qui compte pour lui mais son propre intérêt et par-dessus tout le pouvoir avec un esprit revanchard où tous les coups sont permis pour assouvir ses desseins.

Comment peut-on alors imaginer sortir de cette situation de blocage dans laquelle se trouve le pays quand une de ses raisons principales est toujours là?

Certes le système politique et la loi électorale sont à revoir au plus tôt mais le départ de Rached Ghanouchi permettra également de débloquer la situation. Sa position au perchoir est une bombe à retardement. Beaucoup de zones d’ombre autour de sa personne et sa relation avec l’organisation des Frères Musulmans ne font qu’attiser le feu. Rached Ghanouchi n’a aucune expérience pour pouvoir gérer convenablement un parlement pour n’avoir jamais rien géré dans sa vie. Il est responsable en grande partie du pourrissement de la situation politique en construisant ses relations sur les compromissions et les situations conflictuelles.

Il faut qu’il comprenne et avec lui tous ces thuriféraires qui gravitent autour de sa personne, qu’il ne sera jamais ce père de la nation qu’il prétend vouloir être et il ne sera jamais l’homme du consensus. Être Mandela n’est pas donné à tout le monde.

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Journaliste-Presentatrice

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