samedi 31 octobre 2020
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Jalila HAFSIA

Journaliste, romancière, militante féministe, elle fait partie de ces tunisiennes, intellectuelles et engagées, qui ont grandement participé, par leurs plumes et leur rayonnement, à promouvoir et dynamiser la vie culturelle au lendemain de l’indépendance.

Elle passe son enfance à Tunis et y poursuit ses études.

Puis elle rejoint l’administration culturelle ou elle occupe diverses responsabilités.

La vie personnelle de Jalila Hafsia est quelque peu mouvementée.

Mariée trés tôt avec un cousin, elle en divorce assez vite par ennui et parce qu’à 17 ans, elle aspire à une autre vie. Son père et son grand-père maternel, Abdejellil Zaouche, (1873-1947, intellectuel et ex-caïd de Sousse et ministre du bey) la soutiennent dans ce premier divorce.

Elle passe 14 ans avec un deuxième mari qu’elle finit par quitter par envie de liberté.

Elle racontera avec le sourire comment elle a pu effectuer une « omra » au sein de la délégation présidentielle, sans mari, sans que cela pose problème aux autorités des Lieux Saints…

Son troisième mariage sera bref, elle divorce en accord avec son mari.

Cette femmes de gauche comme elle se définit, sait nouer des amitiés solides tant au sein du monde politique, elle est d’ailleurs très proche de Bourguiba et de son épouse, qu’au sein du monde culturel. Tahar Cheriaa, le fondateur des JCC, et Salah Garmadi le poète, seront toujours à ses cotés.

Elle collabore au journal la Presse durant de très longues années.

Elle est surtout célèbre pour avoir fondé et dirigé deux clubs culturels qui sont devenu rapidement le rendez vous incontournable des étudiants et des intellectuels de tous bords et de tous les milieux sociaux : Le club Tahar Haddad, dans la Médina de Tunis, et l’espace Sophonisbe à Carthage.

En 1975 elle publie « Cendres à l’aube », qui demeure le premier roman écrit en français par une tunisienne. Elle raconte comme elle est venue à l’écriture au terme d’un lent mais intense processus d’émancipation.

En 2015, elle publie « la ligne d’espérance », un livre d’entretiens avec la militante féministe Neila Jrad, qui, tout en racontant le parcours d’une vie, retrace des pages d’histoire peu connues et apporte un éclairage particulier sur près de 60 ans de Tunisie.

En 2016, Jalila Hafsia a été honoré par les organisateurs des JCC pour son oeuvre au service du cinéma et de la culture en général.

Pour l’historien, Mr Mhamed Fantar, Jalila Hafsia est « la déesse de la culture: elle est Clio et Melpomène. »

Il n’y a rien à ajouter.

La rédaction du Zenith.tn espère que Mme Hafsia lira ces quelques lignes et en profite pour lui transmettre l’expression de son admiration ainsi que ses sentiments d’amitié.

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