samedi 31 octobre 2020
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Tarek Bouchamaoui : la présidence de la CAF en ligne de mire.

Par Anis Basti

La CAF est, sans l’ombre d’un doute, l’objet de convoitise des puissances africaines ou de pays qui aspirent à le devenir. Chacun s’échine à placer ses représentants sur l’échiquier de cette puissante organisation. Chaque échéance électorale du président et de son Bureau exécutif fait office d’une véritable foire d’empoigne à laquelle se livrent les candidats.

Dans cette effervescence qui ne perd jamais de sa vigueur, la Tunisie a un atout de taille à faire valoir en la personne de Tarek Bouchamaoui, membre du Conseil de la FIFA depuis 2015 et du Comité exécutif de la CAF depuis 2011. Considéré comme l’une de ses figures de proue, M. Bouchamaoui est à un moment charnière de sa carrière de haut dirigeant du football africain. L’homme d’affaires de 54 ans cumule une longue expérience jalonnée de plusieurs succès, notamment lors de son passage à la tête de la Commission d’arbitrage (de 2011 à 2013). Il jouit d’un capital sympathie et d’une réputation de probité à la faveur de sa discrétion caractérisée et de son à-propos dans les décisions majeures auxquelles il a contribué.

Homme d’affaires à succès, il appartient à une lignée d’entrepreneurs dont le rayonnement a franchi les frontières. Le holding familial dont il dirige la filiale éponyme, HBS International – du nom de son feu père – est notamment présent en Egypte et opère dans le très lucratif secteur du pétrole et de l’énergie. Cette résidence au pays des Pharaons lui a permis de concilier ses activités professionnelles et ses responsabilités sportives au sein de la CAF. En se présentant aux élections prévues le 12 mars 2021 à Rabat, M. Bouchamaoui mettra à contribution son expérience de manager et son sens affûté des affaires dans la mise en place d’une nouvelle vision du football en Afrique basée sur l’amélioration de la qualité du produit et la recherche de nouvelles sources de revenus plus substantielles et pérennes. Tout tunisien, quelles que soient les couleurs qu’il défend, se doit, non sans chauvinisme, d’être fier qu’un compatriote soit si près de décrocher le Graal de la présidence de la CAF et devenir du coup le porte-drapeau et le premier défenseur des intérêts de la Tunisie non seulement dans le football, mais aussi dans tous les domaines où ce sport constitue une arme redoutable pour peser de tout son poids dans des actions de lobbying et d’influence au bénéfice de son pays. Toutefois, un homme seul, quand bien même circonspect, intègre et téméraire, ne saurait gagner ses éperons en faisant cavalier seul.

La présidence de la CAF, tout à fait comme au football, ça se joue et ça se gagne collectif. Le soutien politique et diplomatique est indispensable dans ce genre de compétition car cela fait partie des règles de jeu eu égard à l’importance de l’enjeu et de ses retombées sur les équilibres géopolitiques en Afrique. Nos dignitaires savent à quoi s’en tenir s’ils veulent inscrire la Tunisie dans le Cénacle des pays africains et servir non seulement les intérêts sportifs des sélections et clubs tunisiens, mais aussi économiques, culturels et politiques d’un pays qui a perdu son lustre sur le continent.

M. Bouchamaoui a besoin d’une union sacrée autour de sa candidature car, en vertu du nouveau code électoral de la CAF, tout candidat doit bénéficier du soutien d’au moins cinq fédérations nationales dont, bien évidemment, la sienne. La Fédération tunisienne de football est face à un moment historique qui risque de ne plus se reproduire pour longtemps. Le Bureau fédéral, et à sa tête le président Wadii El Jeri, doit agir par devoir patriotique et mettre le pied à l’étrier dès à présent par l’élaboration d’un plan d’action multidimensionnel qui va du lobbying sportif et politique à des campagnes de communication ciblées auprès des fédérations africaines. Dans ce genre de situation, il sied de mettre les egos et les rancœurs du passé de côté et œuvrer pour un seul objectif, à savoir placer, pour la première fois, un tunisien sur le trône de la CAF.

Le cas échéant, c’est la bannière nationale qui flottera pendant quatre ans au-dessus du siège cairote de la confédération.

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