lundi 22 janvier 2018
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RCD : Retour. Case. Départ.

La démocratie est basée sur la séparation des pouvoirs et surtout sur la séparation entre le parti au pouvoir et l’administration. Sous la dictature, le régime crée l’amalgame entre le parti l’état et l’administration pour faire passer un message clair : tous les pouvoirs sont entre mes mains.

En Tunisie, nous avons souffert pendant des décennies de cet amalgame qui a ancré la mentalité du népotisme et du passe-droit. Une mentalité qui remplace la méritocratie par l’arrivisme et le lèche bottes. Une mentalité qui a privé l’administration tunisienne de centaines de compétences qui ont refusé de porter allégeance au parti.

Après le 14 Janvier, les tunisiens ont cru rompre définitivement avec l’infiltration de l’administration par le parti au pouvoir mais après les élections du 23 octobre nous avons remarqué une volonté d’infiltrer l’administration par des proches de la troïka.

La réaction des tunisiens ne s’est pas faite attendre et ils se sont levés comme un seul homme contre le retour des vieilles habitudes. Le fer de lance de cette opposition était représenté par le parti Nidaa Tounes qui portait l’étendard de la neutralité de l’administration par rapport au partis politiques.

Même pas une année après son succès aux élections législatives, et comme les vieilles habitudes ont la peau dure, les tunisiens ont pu remarquer l’émergence ici et là de manifestations prouvant la volonté de Nidaa Tounes d’infiltrer l’administration et de réanimer la vieille mentalité de la fusion entre le parti et l’administration.

La dernière de ces manifestations nous l’avons vu incarnée dans la banderole accrochée à l’entrée de la maison de retraite de Beja… et souhaitant la bienvenue à madame Ons Hattab secrétaire générale responsable de la femme au sein du parti Nidaa Tounes… Une banderole qui rappelle les manifestations de bienvenue à madame Saida Agerbi pendant les années sombres de la dictature.

La question qui se pose : ceux qui essaient de réanimer ce genre de folklore comment ils font pour espérer nous faire accepter des agissements qui nous rappellent de très mauvais souvenirs ? une question dont l’unique et seule réponse se trouve dans la citation d’Albert Einstein : « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

Meher Abassi

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