lundi 25 janvier 2021
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Interview de Mehdi JOMAA

  • Pourquoi cet acharnement contre Mehdi JOMAA dès qu’il s’active sur le terrain politique ?

Ceux qui en sont à l’origine sont les mieux placés pour répondre à cette question. Toutefois, je remarque que cet acharnement est souvent concomitant avec les résultats des sondages politiques, publiés et non publiés, et avec le déploiement structuré de notre parti sur le terrain. Nous gardons pour notre part une constante : le travail, le terrain, la vérité et les faits en réponse aux rumeurs ! Cet acharnement que vous évoquez, et la pratique de la politique politicienne par les non-professionnels de la politique, expliquent pour une large part hélas, le désintérêt de la majorité silencieuse de la chose publique. Voilà pourquoi, ceux qui comme nous, font de la politique noble par devoir citoyen, s’en tiennent à l’éthique qui, à terme, rebâtira le lien de confiance avec les citoyens !

  • Qu’est-ce-que vous regrettez de ne pas avoir fait, ou de ne pas avoir achevé du temps où vous étiez aux commandes de l’Etat ?

Je crois à la continuité de l’Etat et des institutions. L’étape que j’ai engagée à la tête du gouvernement était une étape d’apaisement et de préparation de la relance. Il était question d’apaiser la population, d’assurer la sécurité et la lutte anti-terroriste, de créer les conditions pour des élections neutres et transparentes dans les délais, de rétablir la place de la Tunisie dans le concert des nations, et de maîtriser les équilibres financiers. Nous espérions que dès notre passation du pouvoir, nos successeurs démocratiquement élus allaient capitaliser sur les réformes préparées par nos soins, et faire des années 2015 et 2016 les années des grandes réformes, pour assurer la relance en 2017 ! Notez qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire !

  • A part le nom ambitieux de votre parti, comment comptez-vous convaincre les Tunisiens de la crédibilité de votre projet ?

La marge de manœuvre est devenue très étroite, nous n’avons plus le droit de décevoir nos compatriotes après tant de promesses non tenues, après la dégradation du quotidien des citoyens. Et là se trouve toute l’essence de notre projet : donner une vision ambitieuse à notre pays et transformer en nettement mieux le quotidien des Tunisiens. Nous sommes dans une approche du concret et du bon sens. C’est pourquoi nous affirmons vouloir dépasser les clivages idéologiques stériles, et nous placer sur le seul terrain qui vaille : le concret. Cette transformation, nous la voulons inclusive, pour que les Tunisiens soient des acteurs et non des spectateurs du changement.

  • Qui occupera les piliers de votre projet de gouvernance, et quelle place occuperont les femmes et les jeunes dans les fondements de votre système de gouvernance ?

Le pilier de notre projet c’est notre vision pour le pays. Ceux qui mettront en application cette vision auront été formés à la conduite du changement, à la gestion de projet, d’équipe et de budgets. Pour nous, les jeunes et les femmes représentent un pari, plus qu’un choix ! Ils sont représentés dans notre bureau fondateur, et les premières institutions créées dans notre parti leur ont été dédiées : une académie du leadership politique a déjà fait le tour de plusieurs régions pour assurer la formation des leaders d’aujourd’hui et de demain. Une équipe de jeunes affiliés au parti préparera cette nouvelle génération dynamique. Lorsque Bourguiba a préparé son projet de transformation du pays, il avait la certitude qu’il ne pouvait pas transformer la Tunisie sans la moitié de sa population : la femme ! Trois décennies plus tard, c’est la femme qui était le porte-drapeau de la protection du modèle de société tunisien. De nos jours, plusieurs catégories de la population se sentent marginalisées, et c’est en pariant sur ces catégories, que nous investissions sur l’avenir. Pour cela, des priorités nationales telles que l’emploi, l’éducation, et le développement régional doivent être repensées.

  • Comment comptez-vous venir à bout de la corruption, et comment comptez-vous réinstaurer la culture du travail dans la Tunisie plombée dans un sommeil profond ?

Prenez le cas de l’identifiant fiscal unique. Voici un projet que nous avons développé lors de notre mandat dans un open space avec des jeunes et des moins jeunes de l’administration, qui avaient travaillé en équipes avec mes ministres et moi-même. Cet outil digital devait nous permettre de lutter contre la fraude fiscale, la contrebande, la corruption, en fusionnant toutes les bases de données de l’Etat. Ce système pouvait détecter les incohérences entre les revenus déclarés et le niveau de vie des contribuables. En plus de la lutte contre tous les fléaux mentionnés, ce projet nous permettait également de simplifier toutes les procédures administratives. Nous avions développé ce système, avec ses serveurs, en cinq mois. C’était une vraie révolution silencieuse, sans communication politique démesurée, et c’était d’une efficacité redoutable. Nous ne pouvons que regretter que nos successeurs ne se soient toujours pas décidés à l’appliquer. Ce système permettrait de régler plusieurs problèmes grâce à un seul code. Tout ça pour vous dire que vision, compétence, exemplarité et courage politique sont à même de relever bien des défis, existants ou à anticiper !

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