vendredi 26 avril 2019
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Radioscopie de la poudrière

Par Zouhair BEN JEMAA

L’assistance qui a accueilli le chef du gouvernement à la Foire Internationale de Sfax en dit long sur l’état des lieux de cette grande ville en chute libre dans toutes les normes de classements ! Dans le classement de l’Investissement Direct Etranger (IDE),  Sfax est passée de la deuxième à la septième place ! Quoi espérer dès lors ? Abdellatif  ZAYANI, Président du comité d’organisation de la foire de Sfax, a excellé dans la présentation des doléances et du ras-le-bol des citoyens de Sfax ! Le public a été d’une étonnante spontanéité, en applaudissant à chaque énoncé d’aberration ! Le message a été on ne peut plus clair, l’amère passé, l’inquiétant avenir des générations futures. Il n’y aura jamais de liberté, de dignité, de démocratie, ni d’indépendance sans une gouvernance saine et inclusive ! C’est peut-être ce volet crucial que l’hôte du premier ministre n’a pas mis à nu, alors que tout le drame de Sfax en est la source évidente. Sfax est en panne car elle n’a jamais eu un pouvoir local et surtout régional dignes de ses aspirations et de ses ambitions ! Les cadres des administrations commencent à se plaindre de la gouvernance négative qu’exerce les représentants de l’Etat. Monsieur le Chef du gouvernement a bien rappelé que les responsables régionaux ne doivent pas attendre la relance de la Kasbah pour faire avancer les choses. Mais monsieur ZAYANI aurait pu déplorer l’exclusion de la société civile dans la gouvernance de la région ! Sans vouloir mettre en doute l’intégrité de la personne, il n’est en aucun cas sain de confier à une même personne, le secrétariat général du gouvernorat, la commission des marchés et la délégation spéciale ! Ce qui se trame en ce moment pour les grands projets de Sfax, est préoccupant, et on sent très clairement la déprime au sein des acteurs, pourtant de grande qualité, de la société civile. A-t-on idée de laisser de côté toutes les études sérieuses réalisées à coup de millions, et aller mener en bateau toute une population en faisant miroiter une énième étude à l’horizon 2050 ? Mais c’est un gag que de parler de 2050 ! Comme nul ne doute de la bonne foi du dynamique chef de gouvernement, On pourrait lui rappeler qu’un bon demi-point de croissance gît au sol de Sfax, et qu’il suffirait de se baisser pour le récupérer ! Pour ce faire, il importe de nommer une équipe de développeurs à la tête du pouvoir régional et local, d’éloigner la délégation spéciale des partis politiques qui croient que pour croître, il faut exclure tous les autres sans la moindre préoccupation de l’intérêt national. Il faut également imposer la société civile comme partenaire incontournable pour réussir  le décollage socio-économique ! Le symbole du chantier en cours de réalisation, sans autorisation, contre l’avis de l’institut national du patrimoine, en dit long sur la triste déchirure provoquée entre le pouvoir régional et la société civile ! Sans jouer à l’éternel sceptique, il n’est pas mauvais de mettre les points sur les « i » et rappeler que l’annonce du début de démantèlement de la SIAPE est une vraie comédie de mauvais goût ! Youssef CHAHED avait bien raison d’insister qu’il incombait aux citoyens de Sfax de s’unir pour aider à la réalisation des grands projets, sauf que ces citoyens se sentent exclus de toute initiative par le pouvoir régional ! Sur un autre plan, les Sfaxiens ont été dignes dans leur accueil du chef de gouvernement, très dignes dans leur soutien sans réserve aux guerres que mène l’exécutif contre le terrorisme, la corruption et le chômage ! Mon étonnement fut grand de ne pas avoir entendu un seul mot sur le CHU H. Bourguiba, où il n’y a plus personne pour gérer la bombe imprévisible nommé A. Z., et où les professionnels comme les malades souffrent les martyres au quotidien, et subissent dans le désolation la propagation de la corruption et la non application des lois de la république ! Ce sujet n’est-il pas vital ? Ne parle-t-on pas de la santé de milliers de pauvres gens ? Pour ce grand drame, comme pour d’autres, le grand malheur de Sfax reste la division de ses leaders qui se regardent en chiens de faïences et qui n’ont toujours pas réussi à enterrer la hache de guerre pour vibrer à l’unisson autour d’un rêve commun qui mettrait leurs progénitures à l’abri de la déchéance, de la délinquance et de l’insécurité ! Quant aux politiciens retors, et aux députés égoïstes, il vaut mieux attendre les prochaines échéances pour les balayer tous de la scène et les remplacer par des moins mauvais !

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