lundi 19 février 2018
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Tunisiens, ne tuez pas votre médecine et n’assassinez pas vos médecins !

Par Ali GANNOUN

Oui chez les médecins comme dans toutes les professions il y a des brebis galeuses. Mais ces brebis ne doivent pas cacher l’abnégation, le dévouement et le savoir faire de notre corps médical.
Nous sommes passés de la dénonciations de quelques cas et l’ouverture d’un front contre tous les médecins allant jusqu’à les qualifier de charlatans, d’épiciers sans scrupules et même de maitres-chanteurs. La défaillance d’un toubib ne signifie pas la médiocrité de tous les médecins et l’avidité d’un égaré ne peut se généraliser à tout un corps.
En s’attaquant à la médecine et aux médecins, nous participons à la démolitions de la dernière citadelle qui résiste devant l’invasion de l’infect et du rétrograde.

Nous ne pouvons reprocher à un médecin de prétendre à une meilleure qualité de vie. Comme nous ne pouvons lui réclamer d’être constamment à notre service sans lui devoir un minimum de respect et sans lui donner un maximum de confiance.
Dans le scandale des cathéters (stents) et de produits d’anesthésie périmés, il y a plus de politique que de médecine. Il y a une guerre de positionnement entre les différents partis qui cherchent, en nous faisant peur et en criant très fort, à ce que nous adhésions à leur thèse et épouser leur théorie.

AUCUN médecin normalement constitué et qui a appris le béaba de la médecine ne peut se permettre d’administrer à un patient un produit quelconque qui soit néfaste pour sa santé. Mais chaque médecin digne de ce nom utiliserait tous les moyens pour donner une chance de guérison à ses patients.
La médecine privée est nécessaire pour compléter la médecine publique. C’est un moyen efficace pour diminuer la pression sur les hôpitaux publics et offrir plus d’attention et un meilleur suivi aux malades qui s’adressent à ses établissements.
Il ne ne doit y avoir une médecine à deux vitesses. Les patients fréquentant les cliques privées ou les hôpitaux ont le droit d’avoir (et doivent avoir) les mêmes soins. L’argent ne doit pas être un frein aux soins et avoir recours au privé ou à l’étatique ne peut être qu’un choix de confort personnel.

La santé n’est pas un commerce mais une obligation assurée et encadrée par l’État.
La mauvaise presse a fait des médecins des assassins en puissance et l’exercice de la médecine devient un métier à risque. Un ami médecin dont la fille est gynécologue quelque part en Tunisie m’a assuré que sa fille travaille la peur au ventre: elle doit supporter la présence devant sa porte de toute la tribu des patientes qui accouchent. Ces tribus viennent en « garde du corps de leurs filles » pour « éviter l’erreur médicale » et « assurer un accouchement sans risque ».
Tous les abus sont condamnables et la justice doit prendre ses responsabilités pour protéger médecins et patients. L’honneur d’un médecin ne doit en aucun cas être jeté à la vendetta populaire suite à un article d’un journaliste véreux ou une émission de télévision à scandale.

Notre Médecine est bonne malgré tout, ne la détruisons pas ! Nos médecins sont compétents, respectons les.
Ceci ne nous empêche pas de dénoncer auprès des autorités compétentes tout abus et tout non respect de la déontologie médicale. Mais de grâce, ne scions pas la branche sur laquelle nous sommes assis.

Bonne santé à tous et à toutes !

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