jeudi 23 mai 2019
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Le Pire ennemi est celui de l’intérieur

Par Zouhair BEN JEMAA

On a du mal à mettre des mots sur les maux de notre Tunisie. Quel monde de fous, quel jeu de dupes ! L’IVD a désigné quatre personnalités ayant toutes pour prénom Ahmed, il s’agissait de si Ahmed Ben Salah, si Ahmed Friaa, si Ahmed Smaoui et si Ahmed Mestiri ! Et oui vous ne rêvez pas, vous êtes dans le pays de la meilleure constitution du monde. Les quatre accusés ont été contactés par téléphone un vendredi à dix sept heures, puis convoqués par écrit, pour retourner à l’interrogatoire sur une affaire qui a déjà été jugé après la révolution et pour laquelle un non lieu avait été prononcé !

Mais c’était sans compter sur l’acharnement de la cauchemardesque instance chargée de réconcilier les Tunisiens entre eux, c’est cela la force de notre nouvelle constitution, on dit que la justice est indépendante et souveraine, et on lui crée un petit zizi à côté qui s’érige en instance au dessus de tout. Alors trois des quatre convoqués ont envoyé paître l’instance en jugeant que la mascarade avait assez duré, on parle d’un tribunal qui pratique une justice sélective et vengeresse pour lequel il a été mis fin à son activité par la chambre des Représentants du peuple le 31 mai 2018, aussi ce tribunal n’était pas en conformité avec ses statuts, car il n’avait plus de quorum depuis belle lurette et il avait continué à dilapider les fonds publics à des fins bassement politiques et sans aucune logique transitionnelle !

Ahmed Smaoui, lui a préféré aller à la dite instance pour s’instruire comme il dit, pour voir jusqu’où irait l’entêtement et la volonté de nuire à des serviteurs de l’Etat. Monsieur Smaoui est un maître, un résistant de la première heure, il a connu les prisons quand certains se prostituaient auprès de la police politique pour jouer les indics et se faire apprécier du pouvoir. Ahmed Smaoui est une vraie encyclopédie et sa réputation était reconnue à l’international. En allant à l’IVD, sidi Ahmed avait en mémoire une réunion datant de mars 2011, quand il était côte à côte avec la dame Ben Sidrine, et devinez de quoi ils parlaient ? Et bien de justice transitionnelle ! A l’heure du rendez-vous, notre commis de l’Etat exemplaire eut droit à tous les égards dignes d’un présumé innocent : une ambiance d’une prison américaine, des gardes en uniformes, une fouille au corps avec palpation, on se croirait à Guantánamo. A l’intérieur, l’ambiance et l’atmosphère n’étaient pas authentiquement tunisienne.

Nous vivons une morosité, un désenchantement par rapport à Janvier 2011, comme nous sommes loin de ces moments euphoriques de rêves et d’ambition ! Le gouvernement ayant retiré à l’IVD les quarante juges d’instructions qui lui étaient affectés pour fin de  mission, la dame de l’enfer toujours vengeresse, a engagé à la hâte quarante avocats contractuels, leurs a assuré une formation aussi hâtive et a continué à saboter la justice transitionnelle, et à ternir l’image de la démocratie naissante de la Tunisie. La salle du tribunal était exiguë, l’avocat juge était assis derrière son bureau, avec assis en face, l’accusé et un de ses avocats, le deuxième avocat devant rester debout ; le confrère devrais-je dire a dû supporter la position debout pendant l’heure et demie de l’interrogatoire.

L’accusé n’a pas tremblé devant ses accusateurs, il a rappelé qu’il gérait six mille cinq cents employés à Tunis Air, qu’il n’avait jamais vu ni connu la dame qui avait bénéficié d’un emploi fictif.  Il a rappelé que cette affaire avait déjà été jugée par un tribunal d’après la révolution, et que la société qu’il dirigeait était certifiée et dépendait de plus de quarante juridictions internationales. Si Ahmed, en grand seigneur, et comme il savait le faire, avait donné une vraie leçon de bon sens à ses accusateurs. Il a laissé le soin à ses avocats de rappeler tous les vices de formes techniques de l’IVD. L’accusé est parti de l’IVD comme il était venu, serein, confiant en l’avenir de la Tunisie malgré tous les saboteurs et tous les aigris. Nous suivrons cette triste affaire avec amertume et vigilance.

Pendant que la chambre noire de l’IVD était entrée en conclave pour statuer sur le sort de ce patriote hors pair qui a voué toute sa vie au développement de la Tunisie, si Ahmed devant assumer le rôle d’accusé par une dictature narcissique, se gavait de musique classique, visitait l’Opéra de la maison de la culture qui fait le plein de ses mille huit places pour tout concert. Notre éminent expert a gardé l’esprit libre et zen. On ne pourrait pas dire autant pour ceux qui se sont consacrés au mal, ces aigris qui vouent une haine féroce, invétérée à l’égard des élites du pays, mettant le pays dans la discorde et la tourmente.

En guise de conclusion, tout ce qu’il y a en Tunisie d’hommes libres doit se dresser contre la persécution des élites patriotes. Le gouvernement se doit de remettre à sa place la dame aux excès langagiers qui prodigue la haine et la division, et ceci dans un insupportable silence des politiques ! Nous ne pourrons être ni une société de performance, ni une société d’épanouissement dans cette atmosphère délétère. A cause de la médiocrité de nos gouvernants, nous sommes devenus une Tunisie qui ne rêve plus, condamnée à cette course vers le pire ! Tous les témoins vivants de ce triste épisode devront transmettre aux générations futures comment nous avons exercé l’injustice au nom de la justice  et de la démocratie !

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