lundi 22 janvier 2018
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L’école de la vie

Par Zouhair BEN JEMAA

Victor Hugo disait : « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ». Mais V. Hugo voulait aussi dire des écoles de qualité, où on garantit l’application stricte de la laïcité ! Et il appartient toujours à l’Etat de faire respecter la liberté de conscience. On assiste à une génération d’élèves de plus en plus ignares, arrogants et agressifs. Si notre Tunisie tangue et ne semble plus loin de l’effondrement, c’est bien parce qu’elle a atteint un niveau méprisant d’inculture ! La culture permet de connaître l’autre, donc d’atténuer les tensions, elle est la meilleure arme contre le populisme, et c’est pour cette raison que l’on remarque le malin plaisir que prennent les populistes et les obscurantistes à vouloir saboter toute tentative de promotion culturelle. Il y a un fossé entre le public et les politiques culturelles. Dans le domaine de l’enseignement, nous sommes à la traine alors que nous étions un modèle de réussite avec beaucoup moins de moyens. Les rares tentatives de réforme se sont faites dans l’improvisation, par des politiques soumis aux exigences électorales à court terme, rendant la planification à long terme improbable !

Les parents brillent, quant à eux, par leur démission dans la nutrition de leurs progénitures, ouvrant à l’obésité une porte grande ouverte. Ils sont démissionnaires dans le temps libre de leurs enfants à l’intérieur comme à l’extérieur de l’école. Démissionnaires dans les études, dans l’environnement, dans le tabagisme, la drogue, l’alcool. Des parents qui font des enfants, et laissent à l’argent, quand il existe, le soin de gérer le reste. Les bons profs intègres et consciencieux n’ont plus ni autorité intellectuelle ni autorité morale. Nous ne nous gênons pas de laisser sur le carreau cent mille échecs scolaires par an. Nous comptons quatre cent mille fumeurs de hachich contre sept cent mille pour la France, appréciez la comparaison ! Dans notre pays démocratique, la loi interdit le travail aux enfants mineurs, mais nos éminents gouvernants ne considèrent pas la mendicité comme un travail ! Nos jeunes, en attendant de s’aventurer dans la traversée de la grande bleue, s’entassent dans les cafés, et ne daignent même pas considérer certains travaux saisonniers qui peuvent leurs garantir un revenu décent. Cette jeunesse est née dans le chômage, et a fait un choix de vie qui ne rencontre à aucun moment la stratégie économique de nos planificateurs qui défendent becs et ongles le statu quo !

Quel dommage que nos politiques ne puisent pas leur inspiration dans le passé de notre pays ! Comment ne pas reconnaître qu’il existe une grave crise de légitimité chez nos institutions politiques, culturelles et même syndicales. Oh oui, ce syndicat qui marche sur la tête, dépassé qu’il est par ses bases, et trainant les conséquences de conflits d’intérêts que lui causent une poignée de ses membres ! L’UGTT gagnerait à se ressaisir pour jouer un vrai rôle de partenaire avec le gouvernement et changer de discours et de comportement pour fédérer autour d’un réel plan de sauvetage du pays. Aussi longtemps que la lutte sociale s’identifiera à l’affrontement de l’UGTT avec le gouvernement, notre niveau d’investissement restera faible, et nos dettes publique et privée nous plomberont dans la pauvreté ! Nous avons besoin d’ordre et d’éthique si on ne veut pas verser dans le chaos. Nous ne devons jamais oublier que la souffrance ignorée nourrit la colère et rend aigri. L’état d’ignorance dans lequel nous nous sommes engouffrés nous rappelle la forte citation d’AVEROES qui disait : « De l’ignorance naît la peur, de la peur naît la haine, et de la haine naît la violence ». Alors ne cherchons pas trop la cause de l’évolution foudroyante des maladies mentales, ni l’origine de la montée de l’incivilité. Nous ne pécherons pas en s’inspirant d’Israël pour rétablir le service militaire avant l’entrée à l’université, et penser sans plus tarder à rapprocher l’école de l’entreprise pour former des responsables et permettre aux citoyens d’entrevoir, peut-être un jour, le bout du tunnel !

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