dimanche 22 avril 2018
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Le cinquième pouvoir

Par Zouhair BEN JEMAA

Est-ce la solution que de sanctionner les politiques par l’élection d’un farfelu ? N’est-ce pas une décision lourde de conséquences, du moins pour l’avenir du pays et celui des générations futures ? La vigilance ne suffit plus, il est urgent de passer à la mobilisation. Et les thèmes qui peuvent rassembler les Tunisiens sont les mêmes qui ont accompagné les premières manifestations de la révolution qui a été volée par des vicieux sans foi ni loi : il a toujours été question de Liberté, de Dignité et de Développement ! Nous connaissons une déchirure sociale et culturelle de tout un pays, facilitée par un troupeau médiatique acquis en grande majorité à de l’argent sale et à des politiques qui saignent et corrompent la république, des sots qui ont réussi à instaurer une suspicion généralisée dans l’opinion fragilisant chaque jour, un peu plus l’Etat de droit.

Dans tout ce qui leurs arrive, les Tunisiens ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes, ils ont eu les représentants qu’ils ont donnés, donc qu’ils ont choisis ! Bien sûr que le système de scrutin qui est le notre est des plus exécrables, il aurait fallu jouer sur les leviers d’exercice de la démocratie, comme par exemple de rendre le vote obligatoire pour s’assurer de la participation dans les choix de tous les citoyens. La liberté n’est pas de faire ce qu’on veut, mais de faire ce qu’on doit ! Que faire alors pour faire bouger les choses, pour en finir avec ces cycles en chaine de mauvaises nouvelles, de médiocrité, de silence de la honte de nos dirigeants ? Que faire pour se sentir concernés par la vie de la cité et empêcher les pires espèces de prendre le pouvoir, ces vicieux qui ont réussi à piper la souveraineté populaire en usant et abusant des effets d’annonce, ces incompétents qui n’ont jamais été capables de nous expliquer concrètement ce qu’on va faire !

Et bien la réponse est simple : se servir du cinquième pouvoir, celui de la société civile. Il est grand temps que les citoyens de toutes les régions se rapprochent, se parlent, s’unissent autour de ces slogans qui leurs ont permis de vaincre une dictature : Liberté, Dignité et Développement. Le temps est à l’unisson et à la mobilisation. Ce sont les citoyens qu’il faudra questionner et non pas les politiques. Une aubaine se présente à tous les Tunisiens, les municipales. Oui nous pourrions reprendre le pouvoir grâce au même système instauré par ces médiocres qui ont trahi la volonté du peuple, et certainement pas par la gabegie. Il faut lutter contre ces élites qui ont prouvé leur nullité, contre ces ripoux qui ont dilapidé la fortune nationale. La Tunisie est en sang, et saignera encore si rien n’était fait pour baliser le chemin du développement, celui des lumières et du patriotisme ! Les citoyens de toute la Tunisie ne doivent plus céder à la provocation de ces salopards qui poussent à la division et à l’éloignement de l’essentiel. Il faut élever le débat et ne plus s’attarder sur les futilités du droit de revendiquer son homosexualité ou non, ou sur les scandales de la fédération de foot ! Le cinquième pouvoir nous aidera à remplacer l’angoisse par la volonté d’agir pour notre pays, et donc pour soi et pour les siens. Le citoyen ne sait plus où donner de l’espoir, et ce n’est pas en l’ignorant que l’on aidera à cimenter notre société et à mettre en œuvre nos réformes !

Il faut bien comprendre que janvier 2011 n’était pas l’aurore d’un nouveau monde mais plutôt le crépuscule de l’ère BEN ALI. Et que depuis ce temps, nous n’avons fait que patauger dans les discordes, dans les haines et dans les chasses aux sorcières. Tout compte fait, nous n’en sommes pas mal sortis grâce à notre capital humain et à notre niveau intellectuel qui nous avait été inculqué par un certain BOURGUIBA. L’heure est au réveil, à la désintoxication, au travail et au combat ! Et pour mener tout combat, il n’y a point de place à l’accommodement. Pour transformer l’essai, nous devons faire preuve d’une solidarité sans faille, sans hésitation et sans réserve aucune ! Il va sans dire que pour gagner le combat, il y a besoin d’une société civile forte et d’une presse professionnelle ! En d’autres termes, il faut l’association du cinquième et du quatrième pouvoir ! Victor Hugo disait : « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue » ! Alors de grâce, cessons d’être dupes et agissons !

 

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